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Génétique

« Le croisement limite la possibilité d’une expression des gènes récessifs »

Leslie B. Hansen, professeur en science animale à l’université du Minnesota (États-Unis), a beaucoup travaillé sur le croisement des animaux et conduit plusieurs recherches dans les élevages laitiers de cet État, sixième plus important producteur de lait du pays. Il nous explique l'intérêt du croisement des races laitières.

Grands Troupeaux Magazine : En quoi consiste aux États-Unis le programme de croisement Pro-cross qui associe trois races de vaches laitières ?

Leslie Hansen : Pro-cross est une méthode d’élevage appliquée aux troupeaux laitiers, fondée sur le croisement de trois races d’animaux. Il s’agit, aux États-Unis, de la Holstein, de la Viking Red et de la Montbéliarde. Cette association de trois races s’effectue dans le cadre d’une simple rotation à trois. Le plus souvent, la génération fondatrice est une vache ou une génisse Holstein pure sur laquelle est mis un taureau Red Viking, sous forme de semence congelée. La femelle née du croisement des deux races reçoit par la suite la semence congelée d’un taureau de la troisième race impliquée dans le système : la Montbéliarde. Puis, les femelles « croisées trois races » sont fécondées par un taureau Holstein pur et la rotation se poursuit. C’est un système d’élevage d’une grande facilité, qui peut être tracé sans aucun problème en utilisant des étiquettes d’oreille munies d’un code couleur.

GTM : Vous considérez que le croisement est un système d’accouplement qui complémente le gain génétique de chaque race. Pouvez-vous expliquer ?

L. H. : L’amélioration génétique, c’est-à-dire les effets des différents gènes, intervient au sein des races pures. Le croisement implique, d’une part, l’utilisation des meilleurs reproducteurs de chaque race (qui ont beaucoup d’excellents caractères génétiques). D’autre part, il permet à l’interaction des gènes des différentes races de se produire. Si la sélection à l’intérieur de chaque race permet d’accroître le nombre de gènes recherchés, le croisement permet à ces gènes d’interagir.

GTM : Pourquoi l’hétérosis a-t-il, selon vous, dans le croisement appliqué au troupeau laitier, un impact très important sur la fertilité, la santé et la longévité des animaux ? Ce sont, rappelez-vous, les caractères les plus difficiles à améliorer dans une race.

L. H. : L’hétérosis se définit comme l’interaction des gènes, de telle sorte que les gènes récessifs, présentant de mauvais effets, sont cachés et empêchés de s’exprimer chez le produit, résultat du croisement. Tous les animaux comptent deux gènes à chaque emplacement sur les chromosomes. Si un animal présente deux exemplaires d’un gène récessif avec de mauvais effets sur un seul des emplacements sur les chromosomes, dans ces conditions, le gène récessif sera exprimé. Or, le croisement entre animaux de différentes races limite fortement la possibilité d’une expression des effets des gènes récessifs, qui sont habituellement propres à la race. De ce fait, l’hétérosis tend à avoir beaucoup d’impact sur les caractères génétiques influencés par l’évolution ou la continuité des espèces : la fertilité, la santé et la survie.

 

Propos recueillis par J. –P. B.

Posté le 08/04/2013
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