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Santé

BVD et avortements : un lien pas facile à établir

La BVD (Diarrhée Virale Bovine) est due à un pestivirus, peu résistant dans le milieu extérieur. Les animaux se contaminent principalement à partir des sécrétions nasales et respiratoires lors de contacts « mufle à mufle ». Le bovin contaminant peut-être un IPI ou un infecté transitoire. Les souches les plus fréquentes peuvent passer la barrière placent

Les troubles de la reproduction constituent un signe d’appel pour la BVD  (Bovine Virale Diarrhea ou Diarrhée Virale Bovine) : retours en chaleur sur une période déterminée sur plusieurs animaux, mortalité embryonnaire, veaux anormaux à la naissance et avortements. Ceux-ci se produisent plutôt au cours de la première moitié de la gestation, généralement avant sept mois. L’expulsion du foetus est décalée par rapport à l’infection de la mère. Cela signifie que celle-ci est sérologiquement positive et virologiquement négative le jour de l’avortement, le virus BVD n’étant plus forcément présent.

Les avortements provoqués par le virus BVD ne présentent pas de caractéristiques particulières sur le plan nécropsique. Le diagnostic passe donc par des analyses de laboratoire. Les outils diagnostiques disponibles permettent des recherches directes du virus par PCR sur l’avorton et par antigénémie (Elisa Eo et P80) sur le sang. La sérologie Elisa (anticorps antiP80) est un examen indirect qui permet d’identifier le statut sérologique des animaux.

Le diagnostic des avortements à BVD est délicat à poser, en particulier dans des effectifs où la situation épidémiologique du cheptel est inconnue ou s’il présente une circulation préalable du virus non négligeable. Dans ce cas, les effectifs sont fortement séropositifs. De plus, les analyses sur l’avorton (PCR ou antigénémie) ont des limites car il existe un décalage dans le temps entre l’infection de la vache et la survenue de l’avortement. Le schéma diagnostique est basé sur le recours à des analyses sérologiques sur six vaches à problème de reproduction, prioritairement sur celles ayant avorté. A titre d’illustration, si toutes les vaches avortées sont séronégatives, l’imputabilité du virus BVD dans la série d’avortements est « Peu probable ».

En cas de mise en évidence d’une circulation virale, une vaccination en urgence de masse du troupeau reproducteur est conseillée. L’indication est majeure dans les cheptels naïfs ou faiblement positifs. L’objectif est de protéger les foetus et de maîtriser ainsi les éventuels symptômes effets du virus. Cette vaccination doit être réalisée avec un vaccin protecteur contre la transmission trans-placentaire du virus. Cette indication est précisée dans l’Autorisation de mise sur le marché. Lors de circulation virale avérée, il est nécessaire d’identifier puis d’éliminer les animaux IPI.

Toutes les pratiques à risque devront faire l’objet de points de maîtrise : isolement véritable lors d’introduction d’animaux, précautions lors de rassemblements d’animaux (concours, comices, estives, alpages, prêts pensions). Les clôtures doivent être suffisamment efficaces pour éviter tout franchissement et contact de mufle à mufle.

Groupe de travail national sur les actions de diagnostic différentiel des avortements chez les bovins.

 

Posté le 20/03/2014
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