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écoantibio2017

Gros plan sur les antibiotiques d’importance critique

L’administration a mis en place en 2012, le plan écoantibio2017 visant à réduire de 25 % en 5 ans l’usage des antibiotiques. Son programme vise plus particulièrement les antibiotiques dits critiques.

Les antibiotiques d’importance critique sont utilisés en dernier recours en particulier en milieu hospitalier pour traiter les infections dues à des bactéries multirésistantes, qu’elles soient nosocomiales (acquises en système hospitalier) ou communautaires (acquises chez soi). Parmi celles-ci, les plus connues sont les staphylocoques dorés résistants à la méticlline (SARM) mais cela concerne également des bactéries Gram négatif comme Escherichia coli et Salmonella).
Les antibiotiques d’importance critique utilisés en médecine humaine et animale sont les céphalosporines de troisième et quatrième génération et les fluoroquinolones utilisées par voie générale et orale, les administrations par voie locale n’étant pas concernées à ce jour. Cette liste est évolutive des débats ayant lieu sur l’intégration notamment de la colistine, très largement utilisée en médecine vétérinaire.

Une progression de la vente d'antibiotiques critiques

Le rapport de l’Afsaa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et de l’ANMV (Agence nationale du médicament vétérinaire) sur l’utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire pour l’année 2011, montre que le tonnage global des antibiotiques achetés pour l’élevage (ramené au poids vif du cheptel français) a baissé depuis 2008, mais que celui des antibiotiques d’importance critique a augmenté. Sur 13 ans, l’exposition aux fluoroquinolones a doublé et celui des céphalosporines de dernière génération a augmenté de 155,5 %.
Afin de mieux apprécier ces évolutions, le niveau d’exposition est quantifié par l’ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobials, niveau d'exposition des animaux aux antibiotiques) et non plus par le tonnage qui pouvait masquer la réalité.
Dans cet objectif, l’administration a mis en place en 2012, le plan écoantibio2017 visant à réduire de 25 % en 5 ans l’usage des antibiotiques. Il s’adresse à l’ensemble des intervenants. Il comprend 5 axes et 40 mesures. Les grands axes visent à promouvoir les bonnes pratiques et sensibiliser les acteurs aux risques liés à l’antibiorésistance, développer les alternatives permettant d’éviter le recours aux antibiotiques, renforcer l’encadrement et réduire les pratiques à risque, conforter le dispositif de suivi de la consommation des antibiotiques et de l’antibiorésistance, ainsi que promouvoir les approches européennes et les initiatives internationales.

Le cas des boiteries

Des initiatives professionnelles au sein des filières porcine et cunicole montrent qu’il est possible de diminuer le niveau d’exposition. Ces antibiotiques doivent être préservés, c’est-à-dire utilisés le moins possible et pour des cas précis et graves. Cela démontre l’importance de la prescription du vétérinaire et du diagnostic.  À cet égard, si les boiteries dues exclusivement à des panaris interdigités étaient traitées avec une céphalosporine de troisième génération conformément à l’AMM, cela marquerait un progrès indéniable et un signal fort.


Docteur Gérard Bosquet

Posté le 22/11/2013
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