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FICHE SANTÉ

La paratuberculose : description, diagnostic et moyens de prévention

Maladie contagieuse affectant les ruminants, la paratuberculose provoque amaigrissement progressif et diarrhées, puis la mort de l'animal. Les jeunes veaux sont les plus sensibles à l'infection.

La paratuberculose, appelée également « maladie du boyau blanc », est une entérite bactérienne chronique des ruminants domestiques et sauvages provoquée par Mycobacterium paratuberculosis. L’amaigrissement progressif, associé à une diarrhée intermittente puis persistante, rebelle aux traitements, est caractéristique de la maladie. Il entraîne les bovins vers une mort inéluctable. Ce sont les jeunes veaux de moins d’un an qui sont sensibles à l’infection par ingestion de la bactérie.  Les pertes en production et en animaux peuvent se révéler catastrophiques.

Forte contagiosité des animaux malades

Les sources majeures de contamination sont les matières fécales des animaux excréteurs qui contaminent l’environnement et dans une moindre mesure le colostrum et le lait des animaux infectés. Les animaux malades représentent la partie visible de l’iceberg et sont excessivement contagieux.  Les animaux les plus sournois pour l’élevage sont les bovins infectés asymptomatiques mais excréteurs.

Plusieurs méthodes de diagnostic coexistent dont deux sont réalisées en routine : la recherche dans les matières fécales de bacilles alcolo-résistants et la sérologie.  La PCR (technique d’analyse par réplication de l’ADN) ne semble pas être la méthode la plus pertinente. La difficulté dans la maîtrise de cette maladie est la grande résistance de la bactérie dans l’environnement et aux désinfectants, associé au dépistage délicat des animaux infectés précocement, l’excrétion fécale de bactéries n’étant pas systématique et l’apparition des anticorps tardive.

Limiter l'infection des veaux

Les plans de lutte comportent trois axes.  L’isolement et l’élimination rapide des malades associés au dépistage annuel et à la réforme préférentielle des animaux sains infectés avec leur dernière descendance.  Le plus important est la mise en place de mesures visant à limiter l’infection des veaux.  Pour cela il ne faut pas stocker ou épandre les fumiers et lisier sur les pâtures des jeunes bovins. Il faut éviter la contamination des points d’eau ou des pâtures pour les veaux par le ruissellement provenant par exemple d’un dépôt de fumier situé sur une autre parcelle et interdire l’accès aux eaux stagnantes.  Le chaulage annuel des terrains acides est recommandé.  La réduction de la pression d’infection passe par un nettoyage et une désinfection annuelle des bâtiments d’élevage en insistant sur la nurserie, associés à un paillage régulier et abondant de tous les animaux.  En élevage laitier, il ne faut  pas laisser téter les veaux mais distribuer soi-même le colostrum issu d’une vache saine après nettoyage et désinfection des trayons.  La suite de l’allaitement se fera à la poudre de lait.  L’augmentation de la résistance des animaux passe par un programme de lutte antiparasitaire adaptée et une alimentation équilibrée.  Pour finir, même si elle ne représente pas une garantie à 100%, la réalisation d’un examen sérologique à l’introduction des animaux s’avère indispensable.

Docteur Gérard Bosquet

Posté le 22/10/2013
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