Vous êtes ici : Accueil > Actualité > Les bonnes pratiques d’utilisation des antibiotiques

 

Retour aux Actualités

Fiche santé

Les bonnes pratiques d’utilisation des antibiotiques

Les bonnes pratiques de l’antibiothérapie dépendent du couple vétérinaire-éleveur et ceux-ci sont co-responsables vis-à-vis de l’administration et de la société civile.

La prescription d'un antibiotique reste du ressort du vétérinaire et de lui seul, l’utilisation étant déléguée dans le cadre d’un partenariat avec l’éleveur. Cette approche prend tout son sens dans le cadre du suivi permanent des élevages et de la prescription hors examen clinique des bovins. En effet, la qualité des denrées d’origine animale doit être irréprochable et le risque d’antibiorésistance réfléchi.

La bonne utilisation est liée au respect de la prescription réalisée au chevet du malade et hors examen clinique. Le protocole de soin et les spécialités indiquées doivent être utilisés. L’expérience montre que même s’il le prescripteur prescrit en fonction de sa connaissance de l’élevage et de l’arsenal thérapeutique disponible, les spécialités ne sont pas toujours conformes à la prescription souhaitée. Cette situation doit changer dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant et d’une coresponsabilité partagée. D’autre part, les modalités de mise en œuvre du traitement doivent être conformes au schéma thérapeutique à savoir la voie d’administration, la posologie, le rythme, et la durée. La prescription et l’utilisation devront se conformer strictement aux autorisations de mise sur le marché (AMM). Tout écart devra s’inscrire dans le cadre de la cascade qui est du ressort strict du prescripteur.

Les pratiques les plus à risques paraissent liées à l’utilisation d’antibiotiques d’importance critique. Cela ne signifie pas pour autant que l’utilisation des autres antibiotiques soit anodine. Les voies orale et générale se montrent les plus exposées compte tenu de leur impact sur la flore commensale.

Les traitements collectifs constituent également des pratiques à risque même s’il faut différencier l’antibioprévention de la métaphylaxie. L’antibioprévention consiste à traiter des animaux sains alors qu’ils pourraient devenir malades lors d’apparition d’un facteur de risque. Le traitement antibiotique par voie générale d’un lot de broutards lors de l’arrivée en atelier d’engraissement illustre parfaitement cette pratique. Cependant, cette situation se retrouve également en élevage traditionnel comme l’administration systématique d’antibiotique à la naissance pour la prévention des diarrhées ou des gros cordons. Ces pratiques vont être amenées à disparaître progressivement. A contrario, la métaphylaxie consistant à traiter tout un lot d’animaux alors que certains sont déjà malades, peut trouver une justification. Cela permet de traiter plus efficacement les animaux dans la mesure où l’examen clinique des bovins ne permet pas d’identifier précisément tous les malades et donc de limiter leur niveau d’exposition aux antibiotiques.

Docteur Gérard Bosquet

Posté le 11/06/2013
Envoyer à un ami
Imprimer