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Génétique

Produire plus d’un million de litres à deux unités de main-d’œuvre

Les associés du Gaec des Chênes Verts élèvent 130 vaches laitières à deux et réussissent à produire leur quota de plus d’un million de litres. Faute de temps disponible, ils ont besoin de vaches fonctionnelles et solides, capables de surmonter les problèmes sanitaires. Pour atteindre cet objectif, ils ont misé sur le croisement de trois races laitières.

À la limite de la Vendée et de la Loire-Atlantique, l’eau inonde une bonne partie des parcelles environnantes du Gaec des Chênes Verts. Nul doute, nous nous trouvons sur la zone du marais blanc. « Hydromorphes en hiver et séchants en été, les sols offrent un potentiel agronomique assez faible », commente Fabrice Martineau. L’élevage a toute sa place sur cette zone et la production céréalière n'offre que peu de perspectives.

Pour surmonter ce handicap, les associés ont bâti un modèle économique sur une forte productivité de la main-d’œuvre. Si nous regardons de près la comptabilité de l’élevage, la marge brute n'a rien d'exceptionnel, atteignant 206,5 euros pour 1 000 litres de lait. Le Gaec des Chênes Verts excelle dans sa capacité à produire de gros volumes de lait par unité de main-d’œuvre. Avec deux UTH, l'entreprise assure 1,1 million de litres. Les volumes de lait produits par associé permettent de dégager un revenu. L'EBE (excédent brut d'exploitation) culmine à 275 918 euros et Samuel et Fabrice vivent correctement de leur métier.

Les effets de la consanguinité

Avec l'aide d'un apprenti, Fabrice et Emmanuel élèvent 130 vaches, avec des vêlages toute l’année. Bref, ils ne chôment pas ! Ces agriculteurs ont un temps limité à consacrer à chaque vache. Ils ont besoin de vaches fonctionnelles et saines. Comme dans beaucoup de grands troupeaux, ils sont passés d'une gestion individuelle à une prise en compte des performances par lots.

« Historiquement, l'approche de l'entreprise reposait sur la race Holstein, souligne Fabrice Martineau. Mon père était passionné de génétique et nous avons suivi cette voie en participant aux concours départementaux et même au Space en 1994. Au quotidien, cette approche a eu des répercussions sur les résultats techniques du troupeau. Nous enregistrions des problèmes de cellules récurrents, des contre-performances en fertilité. La consanguinité a également généré des naissances avec des veaux Bulldog touchés par l’achondroplasie. Nous avions le sentiment de tourner en rond et de ne pas trouver d'issue aux problèmes. » Les vaches vieillissaient mal et le taux de renouvellement dépassait le seuil des 30 %.

Pour éviter de dépasser les seuils de pénalités liées à la présence de cellules, les éleveurs devaient jeter du lait, une nécessité mal vécue par Fabrice Martineau, titulaire d'un BTS Acse (analyse et conduite de systèmes d'exploitation) qui suit de très près les résultats comptables de son entreprise. « Économiquement, nous devions également réduire le nombre de génisses à élever et nous assurer qu’elles vieillissaient bien », poursuit l'éleveur. Le Gaec décide donc de revoir ses orientations génétiques, se lance, « pour essayer », dans le croisement et cherche la vigueur hybride. Cette dernière génère une annulation des tares qui se seraient développées avec les années dans les lignées pures. Le bonus de performance lié à l'hétérosis atteint 5 % pour la production et 10 % pour la fertilité, la santé et la survie.

Recherche de marge brute

Plutôt que des résultats techniques élevés, Fabrice et Emmanuel recherchent une marge brute. Les éleveurs ont décidé de croiser les moins bonnes souches avec des taureaux de race Montbéliarde et de race Rouge suédoise. Les taureaux Montbéliards ont apporté de la solidité dans les aplombs. Les taureaux Scandinaves ont été choisis pour leur aptitude à générer des animaux sains. Le croisement a débuté en 2005 et les animaux F1 issus de cette nouvelle orientation ont apporté des améliorations. « Avec le recul, aujourd'hui, je pense que cette approche n'a pas été la bonne, prévient Fabrice. Nous aurions dû débuter sur nos meilleures souches. Dans un essai variétal de maïs ou autre, nous choisissons une parcelle dotée d'un bon potentiel agronomique. Pourquoi, en matière de génétique, ne pas reproduire cette approche ? En utilisant une génétique moyenne, nous ne pouvons pas attendre des performances mirobolantes. Le croisement a porté ses fruits et nous n'envisageons pas de marche arrière. »

Les vaches F1 issues de ce croisement sont toujours en production. En première lactation, l'éleveur a constaté une légère chute de la production, mais les génisses croisées s'élèvent plus simplement. Les veaux naissent plus solides sur leurs aplombs. Les problèmes de fertilité se sont progressivement résorbés. Les vêlages se déroulent aussi plus facilement et l'éleveur ne se lève plus la nuit. Dans un premier temps, après ces croisements F1, il a choisi de réutiliser des taureaux Holstein. Une erreur selon lui : « En apportant de nouveau du sang Holstein, nous repartions dans les mêmes impasses. Nous avons donc suivi les principes du croisement trois voies, en utilisant des Rouges suédoises. »

L'article complet est disponible dans le numéro 12 de Grands Troupeaux Magazine.

Posté le 15/04/2013
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